Si elle continue de travailler dans une esthétique volontairement minimaliste comme dans sa première série, Back to paese, située au XXe siècle, Léa Maurizi pousse néanmoins ici plus loin le sens du détail. On s’attache rapidement au personnage de Marta. On se prend à guetter ses mimiques, ennuyées à l’église ou espiègles à la rivière.
De féminisme, il en est aussi question par le thème du corps de la jeune fille, au point de bascule où la nudité innocente de l’enfance devient interdite, et où la robe est déjà étouffante. Ode à la liberté, Marta et les bandits est aussi une BD mêlant imagination, archives familiales intimes et souvenir historique presque effacé, mais pourtant réel de Marthe Piarchi, femme et bandit ayant vécu à la fin du XIXe siècle dans la région de Bocognano. Qui a dit que la Corse, elle aussi, n’avait pas connu sa Calamity Jane ?
Marta et les bandits, tome 1 – ISBN 979-10-92481-34-1 – 20 € TTC
Par Léa Maurizi (scénario, dessins et couleurs), Collection Orizon Grafic, 21,5x30cm, 80 pages