Quant à la population, elle ne semble pas si mal prendre cette excentricité. Enfin, la population… surtout Ange, le « Parrain » local, flanqué de ses porte-flingues ombrageux, qui se sert de « Tarzan » pour dissimuler ses petits trafics dans un maquis où, si l’on tolère que les bonobos mettent les pattes, personne d’autre que Tarzan et ses propres sbires ne doivent mettre les pieds.
Z. Bono, qui signe pour la première fois cette année chez Corsica Comix Édition, nous entraîne dans un polar rocambolesque, dense et porté par un grand sens de la mise en scène. Reprenant un thème cher à l’éditeur : la Corse n’est pas un vase clos, mais un carrefour ouvert sur le monde, l’auteur joue à chambouler le fragile équilibre des cachoteries masquées entre Ange et « Tarzan ».
Il lui suffit de faire arriver au village une plantureuse, ambitieuse et fouineuse archéologue persuadée qu’elle peut trouver des merveilles dans la région, pour que la narration, haletante, s’ouvre et ne lâche plus le lecteur… jusqu’à la chute finale.
Tarzan de l’Alta Rocca – ISBN 979-10-92481-33-4 – 20 € TTC
Par Z. Bono (scénario, dessins et couleurs), éd. Corsica Comix Édition, Collection Orizon Grafic, 56 pages, 21,5x30cm